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Husam Tammam et Patrick Haenni - Institut Religioscope
15 May 2009
C’est pour l’instant par l’attentisme que les Frères gèrent la question sociale, estiment Husam Tammam et Patrick Haenni dans leur nouvelle étude que nous publions ici. La question sociale représente en effet "une épreuve capitale pour la vision du monde des Frères" et leur idéal d'une "société unitaire cimentée par les valeurs et la morale religieuse".
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| Une manifestation ouvrière en Egypte: pas exactement dans le style militant des Frères musulmans... |
Obnubilée par le rapport qu’entretient l’islamisme au politique et à l’État, la recherche s’est peu penchée sur la relation de l’islamisme à la question sociale. Le sens commun et les discours idéologiques ont par contre investi le thème, dénonçant "l’islamo-gauchisme" pour les uns ou se mobilisant, à l’autre bord, contre le "fascisme islamique". Une sociologie à l’emporte-pièce et suridéologisée s’est mise en place, tout autant polarisée entre des assertions contraires.
"Autopsie d'un malaise socio-théologique": tel est le sous-titre de l'étude cosignée par Patrick Haenni, chercheur de l'Institut Religioscope, et Husam Tammam, chercheur associé de l'Institut Religioscope.
En effet, le cas des Frères musulmans en Égypte montre que la question sociale, mise à l’agenda politique en raison de la crise économique sans précédent dans laquelle est plongé le pays, n’a pas dopé la capacité de mobilisation des Frères. Elle leur offre bien une nouvelle cause, mais celle-ci les met mal à l’aise.
Ce malaise a d’ailleurs de multiples ressorts où l’on trouve pêle-mêle : une certaine vision de classe (moyenne), une perception théologique du réel social (corporatiste), une politique de profil bas face au pouvoir (car protester c’est s’exposer, particulièrement pour les Frères), assise parfois sur un fantasme géostratégique (où la protestation sociale, susceptible de produire des troubles, devient suspecte de faire le jeu du chaos constructif souhaité par les Américains pour la réforme de la région).
Mais surtout, la question sociale, parce qu'elle impose l’idée d’un clivage entre dominants et dominés, c’est-à-dire d’une société divisée, heurte de front le grand idéal fondateur d’une communauté de croyants solidaire, unifiée et tendue tout entière et toutes classes confondues vers la défense de l’identité et la revendication de l’État islamique. Une mobilisation en force sur la question sociale reviendrait à pousser la confrérie hors de l’ivresse des grands slogans unificateurs, la contraignant à réagir à des demandes contradictoires et à se mettre en relation ostensible avec un réel social divisé et conflictuel.
Pour lire l'intégralité de cette étude (18 pages), veuillez cliquer ici afin de télécharger le fichier au format PDF (364 Ko).

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